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Les pieds sur terre, la tête dans les nuages, le co-avionnage s’invite chez vous

Récit de vie

Les pieds sur terre, la tête dans les nuages, le co-avionnage s’invite chez vous

Qui n’a jamais rêvé de pouvoir aller au boulot en frôlant le duvet des nuages?  Peut-être toi qui a le vertige, ou toi qui n’aime tout simplement pas rêver. Mais j’ose imaginer que nombreux sont ceux qui, pris dans les bouchons ou restés pantois devant un métro débordant, ont déjà entrevu les contours d’une telle fantaisie. Charles Dacquay et Pierre-Olivier Tran font partie de ceux-là. Plus qu’un simple rêve, l’idée de démocratiser le voyage aérien leur est vite apparue comme un concept prometteur à concrétiser d’urgence.

Ainsi, Pierre-Olivier, du haut de ses vingt-quatre ans n’a rien d’un béat anesthésié par les fantasmes, mais bien tout du gars aguerri par les possibles de la réalité. “ Etudiant à 42 – école informatique privée fondée par Xavier Niel – j’ai fait un cursus à HEC histoire d’apprendre l’entreprenariat. Pour ce qui est du projet Off We Fly, j’suis entré dans la partie en Octobre 2014 en tant que développeur. Aujourd’hui j’en suis le directeur technique et on continue à faire grandir le projet !”

 Attends… le projet quoi ?

 “Off We Fly en fait, c’est une plateforme de coavionnage qui a été créée par mon associé Charles Dacquay. Son objectif principal était de permettre aux pilotes de réduire leurs frais de vol en France, parce qu’il faut savoir que la France est le deuxième pays au monde en terme de nombre de pilotes. Ces pilotes sont obligés de faire un nombre d’heures de vol obligatoire chaque année. Le souci c’est qu’ils doivent en intégralité les payer de leur poche, alors que certains sont étudiants ou chômeurs. Du coup, on a pensé à mettre en place cette plateforme qui permettrait de partager les frais de vol du pilote avec des voyageurs qui chercheraient à faire le même trajet. »

Vous l’aurez compris, c’est en effet une start up que les deux amis ont concrètement mise en place. Une start up qui, à l’instar de beaucoup d’autres, est partie d’un constat inopiné, mais parfumé d’une fragrance au potentiel avéré.

 

“L’idée nous est apparue en fin d’année 2013 quand Charles a dû aller assister à la naissance de sa nièce. Malheureusement, il a été prévenu du jour au lendemain, impossible de trouver un covoiturage ou un billet de train abordable. Du coup, il a demandé à un de ses amis pilote s’il pouvait l’emmener sur place en avion de tourisme. Et c’est durant ce trajet qu’est née l’idée. Ils se sont alors demandés s’il serait possible de démocratiser cette pratique, et en surfant sur la vague de l’économie collaborative, de lancer une nouvelle forme de transport à frais partagés.”

C’est donc d’une situation inattendue, et non d’un surf sur blablacar, que ce concept de coavionnage a pu émerger de la pensée de Charles Dacquay. De l’idée à la construction effective, il n’y a eu qu’un pas, mais un pas de géant !

“Charles chercha alors un développeur. Il avait une idée en tête, c’est-à-dire l’essentiel pour concrétiser le projet. C’est là que nous avons pu nous rencontrer en Octobre 2014, lors d’un weekend entre amis. Il m’a alors présenté le projet et j’ai adoré. De plus, j’avais l’expertise d’HEC qui me permettait de lui filer un sérieux coup de main sur le développement du business moderne, les études concurrentielles etc. Voilà. J’ai commencé le développement du site à la fin du mois d’Octobre et une fois terminé, on est passé par plusieurs étapes : on a vérifié quel design, quelle apparence plaisait le plus à l’utilisateur, qu’il s’agisse du pilote ou du passager. “

 

Les entraves au projet, Pierre-Olivier n’en dément pas, ont été nombreuses et variées. Disposant d’une assise juridique complexe, le projet a en effet eu un certain mal à gagner le crédit des aérodromes ou des pilotes eux-mêmes. Mais une fois le doute estompé, l’ingéniosité du concept s’est vite  imposée d’elle-même aux usagers potentiels. A force de travail mais aussi d’importante rétrospection, les deux amis ont finalement réussi à façonner un projet viable et solide qui sera récompensé au concours de l’Etudiant de l’année en 2014.

Si l’idée du coavionnage peut au premier abord être perçue comme source d’avantages principalement économiques, ce n’est pas cette particularité que les deux créateurs de la plateforme ont voulu accentuer. 

“Notre objectif c’est vraiment de mettre en avant le côté expérience hors du commun. Contrairement aux trajets auxquels on est habitué lors des longs courriers, là, nous sommes dans un avion qui ne vole pas du tout au-dessus des nuages, ce qui va permettre de profiter de la vue, d’avoir le panorama sur tout ce qui va nous entourer. Et effectivement, la principale satisfaction des utilisateurs, au-delà du fait que ce ne soit pas excessivement cher et qu’ils puissent voyager via un mode de transport peu commun, c’était vraiment l’expérience du ressenti et du spectacle durant le vol.”

Plus qu’un bébé du business, Off We Fly est ainsi un enfant pétri de valeurs, animé de rêves et rempli d’espoirs que les fondateurs s’appliquent à partager depuis maintenant plus d’un an.

“Grâce à mon père, explique Pierre-Olivier,  je suis passionné d’aviation depuis que je suis tout petit. Je sais qu’il aurait voulu travailler dans l’aviation s’il n’avait pas eu un problème de vue. Sa passion a tout de même subsisté et chez nous on a des dizaines de maquettes d’avion, énormément de choses sur l’aéronautique, sur ce monde qui fait un peu rêver les Hommes. Le fait de voler c’est quand même quelque chose qu’on essaye de faire depuis les babillements de l’humanité. Et donc, lorsqu’on m’a parlé d’un projet dans lequel on pourrait vendre un peu du rêve aux personnes, les faire oublier leurs tracas du quotidien en leur permettant de voyager et de voir le monde sous un nouvel angle, j’ai sauté sur l’occasion.  “ 

 

Motivé comme jamais, notre ami témoigne avec un recul certain du chemin sinueux que leur simple idée a dû emprunter, mais surtout des multiples déboires et aubaines qu’elle a rencontrés en route.

“Le projet n’est absolument pas devenu comme je le voyais à la base. Et à mon avis, c’est ce qui fait toute la saveur de l’entreprenariat : on ne sait jamais comment ça va se passer. Depuis qu’on est rentré dans l’ère du numérique, ce qui va faire la différence au niveau d’une start up, c’est la réactivité et la volonté des personnes qui la fondent. Je pense que c’est pour ça qu’on a pu en arriver là. »

Cet impératif ne les empêche pas, toutefois, d’aspirer à une présence plus affirmée sur le marché, ainsi qu’à une ouverture plus franche sur l’Europe et, qui sait, sur le continent américain.

“ Si on parle en termes purement statistiques, en Europe il y a plus de 150 000 pilotes qui auraient les qualifications pour utiliser le concept. Aujourd’hui, nous avons réussi à capter 250 pilotes, ce qui est infime par rapport au nombre disponible en Europe. Là, pour le moment, on propose déjà quelques trajets vers des pays en Europe, mais on aimerait qu’il n’y ait pas que des trajets qui partent uniquement de la France vers d’autres pays. Le pays qui nous fait le plus rêver est les Etats-Unis. En fait, il y a plus de pilotes là-bas que dans tout le reste du monde confondu, et du coup ce serait absolument exceptionnel. Mais pour l’instant, ce n’est pas encore envisageable.”  Ce n’est qu’une question de temps….

Le plus dur reste donc encore à faire, et les soutiens sont les bienvenus. Toutefois, Pierre-Olivier reste confiant et malgré les incertitudes de notre temps, il semble plus que jamais prêt à s’en remettre aux volontés du ciel.

Si ce projet vous intéresse, contactez Charles ou Pierre-Olivier directement via leur site, ou soutenez les pour leur crowdfunding sur la plateforme Kickstarter.

 

-Ecrit par Clara Maximovitch

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