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Rêv’animal protège les animaux, ces êtres sensibles comme nous autres, humains.

Opinions

Rêv’animal protège les animaux, ces êtres sensibles comme nous autres, humains.

Les mêmes sujets reviennent sur le devant de la scène à chaque période estivale : les vacanciers, les festivals, les chassés-croisés les voitures… Et les abandons d’animaux, qui se multiplient à ce moment de l’année. L’association Rêv’Animal, qui œuvre pour le bien-être animal, voit alors sa charge de travail augmenter. Pourtant l’association, créée en 2011 en Ile-de-France, lutte quotidiennement en faveur des animaux grâce à ses bénévoles menés par Cécile, la présidente et à ses familles d’accueil. La toute jeune association se démarque des nombreuses autres par son fonctionnement même et les critères d’adoption qu’elle fixe. Cécile détaille : « Nous posons en effet des conditions assez strictes – ce qui nous vaut aussi d’être parfois la cible de critiques. Nous privilégions les animaux et leur bien-être avant tout, donc nous souhaitons un placement de qualité pour eux. L’association s’occupe de peu d’animaux mais nous sommes sûrs qu’ils sont bien placés. » En tant qu’ancienne de la Société Protectrice des Animaux, Cécile l’affirme, « la démarche est toute autre », bien que le but soit le même.

« Nous prenons en compte les motivations des futurs adoptants en premier lieu. Et nous nous basons sur des principes éthiques, à savoir les droits qu’ils accordent aux animaux et la responsabilité humaine à leur égard. Les personnes choisies respectent l’animal, elles le voient comme un membre à part entière de leur famille, avec une place essentielle au sein du foyer. Notre association est surtout orientée vers les chiens. Nous jugeons alors beaucoup la capacité des personnes à apporter l’attention et l’écoute nécessaires pour ce type d’animal. Il est par exemple important qu’ils soient souvent présents, que l’animal ne soit pas laissé seul une journée entière notamment. L’autre point décisif concerne le budget que les adoptants sont prêts à allouer à leur animal, car adopter un chien ou un chat implique un coût qu’il faut prendre en considération au moment de l’adoption».

Les échanges entre bénévoles et aspirants à l’adoption d’un chien ou d’un chat sont multipliés lors du long processus d’adoption. Celui-ci fonctionne finalement comme un premier test. Le fait que les personnes acceptent ces conditions, les rencontres et pré-visites au domicile avant l’arrivée de l’animal, est un marqueur déterminant. « Cela prouve leur motivation et leur implication, alors même que l’animal n’est pas encore chez eux ».

Ces critères ne font pas reculer les demandes, au contraire, ils sont gage de sérieux. Comme l’explique la présidente, Rêv’Animal recueille de plus en plus d’animaux. « Depuis 2011, nous avons récupéré 440 animaux, dont 90% de chiens environ. Sur tous ces animaux récupérés, 380 ont été placés et les autres sont en familles d’accueil. Car l’autre petite originalité de notre association est que nous n’avons pas de local, pas de refuge pour accueillir les animaux. Ils sont tous placés en familles d’accueil -FA- et sont ainsi au contact des humains, parfois même d’autres animaux. Ce système permet une meilleure réadaptation pour les chiens notamment. Ce sont les FA qui font fonctionner notre structure, sans elles nous ne pourrions pas mener nos actions à bien ». Ces familles d’accueil offrent un cadre nouveau et paisible à l’animal, afin qu’il se ressource librement et réapprenne à vivre normalement.

Cependant, ni le déploiement sur tout le territoire, ni un développement structurel ne sont au programme. « Notre but désormais est de pouvoir pérenniser notre mode d’action axé sur la qualité pour la protection animale. Rêv’Animal fait de jolies choses dans ce domaine et nous ne souhaitons pas forcément faire grossir l’association. Un réseau plus important, un accueil plus important, plus d’animaux pourraient signifier moins de suivi, moins de contact, moins de capacité d’action peut-être aussi… La notion de proximité avec les familles d’accueil est donc très importante – géographiquement et relationnellement évidemment. »

Les boules de poils recueillies sont le plus souvent récupérées dans les fourrières. «  Nous récupérons aussi des animaux après des abandons – directs ou non. Certains sont trouvés dans la rue, essentiellement des chats. Des réformés d’élevages sont également pris en charge, lorsque les éleveurs leur laissent la vie sauve. Enfin, nous récupérons des animaux maltraités, notamment certains issus du trafic qui sévit sur Paris ».

L’association étend son champ d’action lors de situations compliquées, parfois dramatiques, comme très récemment. « Nous avons rapatrié des chiens de Roumanie, maltraités, certains brûlés ou lapidés. Un partenariat avec une association de La Réunion nous permet aussi de faire rapatrier des chiens. La situation est catastrophique sur l’île ».

Cette situation évoquée par Cécile est méconnue en métropole. L’île est envahie de chiens et chats errants abandonnés qui se reproduisent – près de 150.000 chiens notamment, bien plus pour les chats, toutes races confondues. Certains chiens sont par ailleurs utilisés comme appâts pour les chasses aux requins. Une sensibilisation est menée par les associations locales, pour inciter notamment à faire tatouer ou pucer son animal, ce qui s’avère utile en cas de fuite ou de perte de ce dernier.

Mais une fois le chien recueilli, il est nécessaire de regagner sa confiance pour le réadapter à une vie calme, entourée d’humains. Les familles d’accueil sont en première ligne pour cette tâche ardue, épaulées par l’association qui prodigue des conseils et suit de près la situation. «  La clé est de comprendre comment fonctionne le chien, de bien intégrer les codes canins pour pouvoir communiquer avec et pouvoir ainsi avancer. Parfois, dans les cas les plus délicats, nous faisons intervenir des éducateurs comportementalistes aux méthodes positives. Ce qui implique d’ignorer et ne pas réprimander les comportements négatifs ou non désirés, et à l’inverse d’encourager ou féliciter le chien lorsqu’il accomplit une action positive. Les animaux sont très réceptifs à cette méthode, qui livre ainsi de bons résultats ».

Le fait que de nombreuses personnes ne comprennent pas les chiens et leurs codes comportementaux, peu importe leur race, est d’ailleurs une des raisons des abandons selon Cécile. «  La France est championne européenne d’abandons, c’est une problématique forte dans notre pays. Il est aujourd’hui très facile d’avoir un animal, grâce à Internet et des sites tels que le Bon Coin notamment. Aucun contrôle n’est effectué, on achète ou vend un chien en un claquement de doigt ».

La façon dont sont traités les animaux au sein de notre société en dit long sur le genre humain. Cela pose la question de la vision que porte l’Homme sur lui-même et sur son rapport avec les autres espèces. Le sujet fait des émules et occupe désormais une place importante dans le débat public. Pour preuve, la prolifération des pétitions et manifestes en faveur d’une meilleure reconnaissance des droits des animaux est plus que jamais prégnante.

La sensibilisation sur l’éducation et la compréhension des besoins de l’animal prend ainsi de l’importance et semble être une solution pour endiguer ces phénomènes d’abandons trop faciles. Par exemple, en Suisse, les propriétaires de chiens doivent, dans ce cadre, suivre obligatoirement des cours sur l’éducation animale et paient un impôt. « L’adoption n’est pas un geste anodin » rappelle Cécile. « Et le fait de responsabiliser les adoptants grâce à des cours ou un impôt n’est pas absurde. En France, nous faisons face à un véritable vide juridique. D’un côté, le code civil vient de reconnaître tout récemment que les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité et non plus de simples biens « meubles ». Mais la définition reste très floue et parallèlement subsistent des paradoxes – les actes d’abandon, de maltraitance encore trop nombreux. Ils sont théoriquement punis sévèrement par le code pénal mais ces agissements restent dans les faits non condamnés, ou si peu ».

Entre la théorie et la pratique, il y a en effet un grand écart. L’abandon est considéré comme un acte de cruauté aux yeux de la loi française. Lorsqu’un animal est retrouvé et envoyé à la fourrière, les autorités recherchent alors le propriétaire, qui reçoit une amende s’il ne vient pas chercher son chien. « Pourtant, très concrètement, l’amende n’est pas réclamée dans la majorité des cas et les propriétaires ne sont pas poursuivis. Il n’y a donc pas de vraie réglementation ni de vraie sanction et les actes malveillants envers les animaux continuent librement ».

L’application concrète de la loi permettrait un meilleur contrôle et une vraie responsabilisation des propriétaires. La connaissance du comportement animal est donc la clé de compréhension et de communication avec l’humain. C’est un travail que les associations telles que Rêv’Animal encouragent, et que chacun peut mener, doit mener même, afin d’oeuvrer pour le bien-être des animaux et ainsi pouvoir partager avec eux.

 

-écrit par Méryl Loisel

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